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Entrevue avec Jesse Cook

ENTREVUE AVEC JESSE COOK | « J’AI ENVIE QUE L’ALBUM SOIT UN MONDE DANS LEQUEL ON PLONGERAIT »

De passage à Montréal pour 24h seulement à la suite de la sortie de son nouvel album One World, le musicien canadien Jesse Cook a pu discuter avec Sors-tu.ca. L’artiste a d’ailleurs eu le courage d’utiliser le français pour parler de son nouvel opus et de sa longue carrière, quelques jours avant son spectacle au CNA (Ottawa) dans le cadre de Scène Ontario ce dimanche 10 mai. Il sera ensuite de retour au Festival de Jazz de Montréal les 2 et 3 juillet 2015.

20 ans de carrière

Cela fait déjà 20 ans que Jesse Cook a débuté sa carrière dans la musique. Guitariste hors pair, il a sorti une dizaine d’albums mêlant jazz et flamenco moderne. Reconnu aujourd’hui un peu partout dans le monde, Jesse Cook a beaucoup évolué depuis ses débuts, tant sur le plan personnel que musical. « Sur mon premier disque, et aussi un peu sur mon deuxième, il y a des choses qui ressemblent un peu aux Gipsy Kings. Après ça, j’ai essayé de changer, pour chaque disque j’ai voulu créer quelque chose de nouveau. »

La nouveauté, Jesse Cook peut déjà la former grâce à son parcours. Enfant, il a appris la guitare jazz et classique, puis plus tard s’est intéressé au flamenco et à la musique du monde. Des styles variés qui font que son jeu de guitare est inclassifiable, ce qui évite à l’artiste de rentrer dans une case bien précise.

Voyages

Le musicien a ensuite beaucoup voyagé, il est allé en Egypte pour son album Nomad (2003), puis en Colombie pour travailler avec des musiciens traditionnels sur The Rumba Fondation (2009). Mais pour One World, le guitariste souhaitait quelque chose de réellement nouveau par rapport à ses approches précédentes. « Pour chaque disque je veux faire un nouvel hybride mais pour celui-ci, j’ai voulu réagrandir le point du vue. Au lieu de me centrer sur un pays, je me suis dit « Ok, je veux le faire sur le monde entier ». Et pas juste le monde, mais aussi avoir des musiques de différentes époques. »

One World est donc un véritable voyage dans le monde, à différentes périodes. L’auditeur est souvent transporté en Inde, en Espagne ou au Maghreb par la guitare de l’artiste, qui déclare ainsi « J’ai envie que l’album soit un monde dans lequel on plongerait. » La musique est un langage universel, et les hommes aussi sont interconnectés.

Diversité

Jesse Cook compare ainsi son dernier effort à la ville de Constantinople (Istanbul aujourd’hui), qui était et reste encore un
véritable carrefour entre l’Orient et l’Occident. « On peut imaginer que tout le monde était dans un marché à Constantinople il y a 1000 ans, et que peut-être, dans ce marché, il y avait des musiciens de partout, qui mélangeaient toutes les musiques. »

Cette diversité se retrouve sur la pochette de l’album sur laquelle on voit un arbre en dessous duquel on aperçoit le guitariste avec son instrument. L’artiste a ainsi cherché à créer une image qui retranscrirait sa vision de la musique. « J’aime l’idée de l’arbre, qui est une métaphore pour dire que toutes les musiques sont interconnectées. La musique est un langage universel, et les hommes aussi sont interconnectés. »

Contradictions dignes d’attention

One World est également un album de contradictions. Contradictions entre des styles musicaux totalement différents. Mais aussi contradictions entre l’ancien et le moderne, l’acoustique et l’électronique. Car Jesse Cook a cherché à inclure dans ce dernier effort des éléments plus modernes, ce qu’il faisait peu auparavant. Cela grâce à son fils. « Mon fils demandait toujours s’il pouvait jouer sur l’ordinateur et je lui disais « Non, ce n’est pas possible, c’est trop compliqué. » Il avait 7 ans, et les enfants, tu sais, ils demandent, demandent… Et finalement j’ai cédé. J’avais peur qu’il change tout, et que je ne puisse pas revenir en arrière. J’ai quitté le studio pour faire de la guitare, et quand je suis revenu, il avait ouvert une page que je n’avais jamais vue, avec toutes les boucles dans une librairie. »

L’artiste a alors découvert un autre aspect musical qu’il n’exploitait guère et qui a changé totalement sa façon de travailler. Au lieu de composer à la guitare, il a commencé par écrire sur ordinateur, quelque chose qui s’est révélé être libérateur pour le musicien. Au final, Jesse Cook a entremêlé des aspects variés et opposés qui donne une richesse musicale selon lui. « Quand tu ressembles des styles que l’on n’a pas l’habitude d’entendre ensemble, c’est là que l’attention se pose. Juxtaposer des sons qui n’occupent pas l’espace ensemble habituellement donne quelque chose d’irrésistible. »

Jesse Cook sera en spectacle au CNA (Ottawa) dans le cadre de Scène Ontario ce dimanche 10 mai, puis au Festival de Jazz de Montréal les 2 et 3 juillet 2015 à la Maison Symphonique. Il prévoit également une tournée au Québec cet automne.


– !Manon Boquen !Collaboratrice (France)